Demain, la guerre ? Maintenant, La Paix !
Mireille Toulotte-Henriet - Blog - Demain la guerre ? Maintenant La Paix !

Tandis que le printemps éclot joyeusement en douce France, voici notre président reparti une fois encore sur le sentier de la guerre, bien décidé semblerait-il à jouer aux petits soldats avec ses alliés européens.
Ce 21ème siècle déjà bien entamé verra-t-il s’embraser un troisième conflit à l’échelle planétaire ?
Quand verrons-nous enfin émerger une première paix mondiale durable ?
Quelques modestes considérations à la croisée de la psychologie et de la spiritualité, en guise de réflexion…

LES BRUITS DU MONDE

En vérité, rien de vraiment neuf sous le soleil…
Il me suffit de me pencher quelques minutes sur l’actualité du moment, que ce soit via les médias mainstream ou alternatifs, pour avoir le tournis.
Aujourd’hui comme hier.

Dette économique nationale démultipliée en quelques années, institutions de la 5ème république gangrénées par la corruption, foire d’empoigne du monde politique déliquescent, épuisement de la terre qui hurle au travers de ceux qui la cultivent chaque jour, explosion de l’IA qui accélère les bouleversements de repères, abus et violences en tous genres qui réclament justice, services publics qui s’écroulent de tous les côtés, présomptions de pédocriminalité et de lobby LGBT délirant à la tête même de l’état…
On s’arrête là ?

Non, visiblement, ça ne suffit pas encore…
Nos chers élus ont décidé de rajouter au tableau la menace d’une invasion russe, grâce laquelle les français pourraient être sommés illico presto d’engager leurs biens et leurs enfants, la loi de programmation militaire 2024-2030 qui concentre les pouvoirs dans les mains du président ayant été votée dans une parfaite indifférence.
Avantage de cette nouvelle donne ?
Elle permet évidemment de ne plus aborder les autres sujets brûlants de l’actualité, à coup de fuite en avant vers toujours plus d’excitation, d’agitation, d’émotion, et autres délires complètement con-cons.

Consternée je suis bien souvent, quand je respire l’air du temps.
Et touchée, bien évidemment, par toute la souffrance que j’observe autour de moi.
Il y a peu, j’ai reçu la newsletter d’un vieil ami qui évoquait les contractions douloureuses rythmant l’accouchement d’un nouveau monde, pour donner du sens à la cacophonie bruyante qui accompagne les crises successives de ces dernières années.
Je partage ce point de vue, me rappelant les nombreuses naissances psychiques qui ont émaillé mon existence… l’aube surgit toujours au terme de l’obscurité la plus sombre, voilà qui peut déjà nous rassurer.

En décollant le nez du film, en revenant à l’angle de vue de l’intériorité, en prenant appui sur la contemplation, il est de fait toujours plus aisé de s’apaiser et de rester centré.e, d’instant en instant.
On regarde ça ensemble ?

DEMAIN COMME HIER

Au pays de mon enfance, il y avait des grands-parents nés avec la 1ère guerre mondiale, devenus adultes avec la 2ème.
Il y avait deux grands-pères prisonniers pendant 5 ans en Allemagne, qui avaient trouvé le temps bien long loin de leurs femmes et de leurs tous jeunes enfants.
Il y avait une grand-mère qui avait parcouru à pieds la distance séparant la Belgique de la Normandie pour échapper à l’envahisseur, enceinte du bébé qui allait devenir mon père, et une autre qui accumulait au fil des années savons et boîtes d’allumettes dans une vieille armoire, en prévision de l’inévitable 3ème guerre mondiale.

Au pays de mon enfance, il y avait ces récits des anciens m’alertant sur les conséquences dramatiques de cette violence guerrière, et mon grand désarroi quand je constatais que cette violence se déployait au sein même de la famille. Deux poids, deux mesures ?
Il y avait ces adultes qui souffraient malgré la paix et la prospérité revenues dans le pays, il y avait les coups et les cris qui pleuvaient quasiment chaque jour, il y avait des parents en guerre froide ou chaude selon les moments, il y avait heureusement la dissociation et autres mécanismes de protection, pour survivre réfugiée dans le monde de la pensée, loin très loin du corps malmené.

Au pays de mon adolescence, il y avait cette difficulté de vivre de plus en plus prégnante, conséquence d’un cocktail insensé et incohérent de paroles et d’actes contradictoires, et cette question lancinante « mais dans quel monde de fous je suis tombée ? ».
Et puis il y a eu ce jour béni où durant un cours d’histoire, j’ai entendu parler de Freud, apercevant enfin une lumière dans la nuit du non-sens, une solution pour sortir de ce bourbier, une bonne raison de continuer à exister en me refaisant une santé, un espoir de pouvoir laisser derrière moi la souffrance et la violence par le déploiement de la conscience.

De Freud et du divan de la psychanalyse pendant une décennie, j’ai appris que dès que l’on se penche quelque peu sur son intériorité, on se retrouve immédiatement devant un véritable champ de bataille.
Le psychisme c’est le conflit, le désir se heurte à la loi, les pulsions du Ca se fracassent contre le Surmoi, le conscient se barricade contre les éléments inconscients, la santé mentale se conquière vaillamment à coups de confrontation à la vérité, la névrose ordinaire toujours précaire est le sommet de l’expérience humaine en terme de pacification intérieure.
Conséquence positive immédiate, quand on regarde au-dedans au lieu de s’agiter au dehors, on se met naturellement à moins agresser son voisin, trop occupé que l’on est à découvrir tout un monde jusque là caché, pour tenter de s’en accommoder.
De fait au bout d’un moment, ma souffrance a commencé à se calmer.

De Jung, le fils spirituel avec qui le père de la psychanalyse s’est bien évidemment chamaillé jusqu’à la rupture, j’ai appris que l’archétype de l’Ombre nous habite tou.te.s, et qu’il ne cesse de se projeter dans notre petit monde et dans le monde.
La paille dans l’œil de ton voisin tu seras toujours tenté.e de pointer, pauvre petit.e inconscient.e… et si tu t’occupais plutôt de la poutre qui te concerne, et qui barre ton cheminement vers l’individuation ? Alors ton monde intérieur pourrait commencer à se pacifier, et dans un jeu de miroir fascinant, tu verrais ton monde extérieur s’apaiser également.
Et voilà qu’au-delà de la promesse d’une névrose ordinaire bien vécue comme ultime espérance du devenir humain.e, émerge peu à peu une voie vers la maturation, l’intégration, l’unification sous l’égide la sagesse.
De fait peu à peu, mes douleurs se sont transmutées en talents singuliers.

Miroir, gentil miroir de mes interpellations émotionnelles et relationnelles quotidiennes, dis-moi comment apprendre à aimer toutes les facettes de moi qui se révèlent dans le reflet que tu me tends, pour qu’enfin je puisse m’accepter telle que je suis, au lieu de lutter en vain contre mes imperfections bien humaines.
Alors je pourrai naturellement accueillir mon prochain en vérité toujours si proche, au lieu de chercher à l’éliminer parce qu’il me renvoie  en miroir, l’impardonnable défaut que je refuse d’accepter en moi.
Au grand jeu du « c’est celui qui dit qui est », c’est ainsi que j’ai découvert comment éviter qu’aujourd’hui ne soit que le pâle reflet d’hier, à coups de répétitions permanentes de ces conflits et traumas qui reviennent inlassablement à la surface de nos vies, cherchant par là tout simplement à être guéris, libérés, transcendés.

Demain comme hier est la loi inéluctable du monde de l’ego, quand c’est toujours l’autre le coupable à l’origine de mes maux, quand je refuse de prendre la responsabilité de ma vie, quand je juge plutôt qu’accueillir, quand je crois qu’il suffit de changer d’espace-temps pour que les choses ne redeviennent pas comme avant.
Demain comme hier, si l’humain ne se détourne pas des écrans extérieurs pour rencontrer sur son écran intérieur la source de toutes les guerres qui ravagent le monde, pour sûr, ça ne risque pas de s’arranger.
Bon, et en attendant, on fait quoi là, tout de suite ?

MAINTENANT UNIQUEMENT

Au pays de mon enfance dans une famille athée, il avait aussi mon appel puissant et incongru vers le Christ, mon émerveillement devant sa puissance d’amour jusqu’au bout de soi, mon envie de lui ressembler quoi qu’il m’en coûte.
Et dans la foulée au pays de mon adolescence, il y avait mon attirance vers le Bouddha au doux sourire paisible, mon questionnement sur les ressorts de la tranquillité du Dalaï Lama par-delà l’invasion chinoise, ma curiosité inlassable pour les arcanes de l’esprit humain.

Portée par cet élan vers les contrées spirituelles, j’ai découvert que le Royaume des Cieux est accessible ici et maintenant à quiconque a foi dans le Père, s’abandonne à plus grand que soi, renonce à exister uniquement en « moi, moi, moi ».
J’ai également entendu dire que notre nature véritable est l’Amour, la Paix, la Joie, et qu’elle ne demande qu’à se révéler une fois effectuée la traversée des conditionnements de l’ego, sources de tous les conflits en et hors de soi.

La paix est donc possible, même au cœur de l’horreur absolue ?
Bon Dieu, il a fait comment le Christ pour arriver à pardonner sur la croix, au lieu de bêtement hurler qu’il allait leur faire payer ?
Sur le coussin de méditation de mes jeunes années d’adulte, dans le silence des églises où j’ai toujours aimé venir me déposer et respirer la tranquillité, j’ai longuement cheminé avec cette question, rencontrant dans la foulée les écrits merveilleux des grands héros modernes de la foi plus forte que la folie.
Tim Guénard, l’enfant martyr réparé par son lien « au big boss » ; Meena Goll, restaurée après avoir perdu ses deux enfants tués par leur père, dans un geste suicidaire désespéré ; Etty Hillesum, lumineuse et donnée à tou.te.s dans les camps de concentration ; Christiane Singer, gravement malade et rayonnante d’amour aux portes de la mort ; Roger Mc Gowen, devenu un saint porteur d’espoir dans le couloir de la mort au Texas…

C’est donc possible encore aujourd’hui, puisqu’ils l’ont fait, puisqu’ils le font…
Mais comment, concrètement ?
Elle est où la porte ?
Petite disciple sur le chemin de l’Eveil, de la mort avant la mort, de la seconde naissance tu t’aventureras, pour vivre définitivement libérée de la souffrance.
Pour cesser de survivre.
Pour vivre.
Regarde bien au fond de toi, là tout au fond.
Fais pivoter ton attention de 180 degrés.
Observe ce qui observe.
Détourne-toi du film de l’histoire du personnage Mireille.
Y a plus qu’à, on y va !

Pas si simple…
Hypnotique le film !
Plus il y a de souffrances et de traumas, plus il s’avère difficile de s’intéresser à cette Présence discrète, silencieux, tranquille, immobile, qui toujours est là au fond de soi.
Déjà, il faut la repérer, et c’est pas gagné !
Ensuite, il s’agit de s’y ancrer.

Et ça n’est pas tout…
Fascinante l’illusion de la complétude par l’avoir !
Mais si mais si, avec un mari, des enfants, un chien, un chat, une maison, une jolie voiture, des vacances, liste non exhaustive, oh oh, ce serait le bonheur !
Et si ça ne suffit pas, on cherche encore plus et mieux !
Ca peut durer jusque sur le lit de mort, ce jeu de dupe là.

Donc, ça n’est pas si simple.
Mais ça n’est pas impossible non plus…
Cela s’appelle la Sadhana, la quête de la libération, le chemin spirituel.
Les maîtres de toutes les traditions ouvrent la route, partagent la clarté de la révélation, accompagnent la dissipation des voiles de l’ignorance.
Du mental au cœur, l’appel de l’âme finit par se faire entendre de plus en plus fort, jusqu’au moment béni où le courageux petit chercheur se met à s’intéresser de manière croissante au contenant de l’expérience plutôt qu’au contenu, à la toile sur laquelle est projetée le film plutôt qu’au film, à ce truc machin si proche, absolument indéfinissable, tellement évident quand il se révèle qu’on se demande comment on a pu passer à côté.

La seule chose qui ne bouge pas.
Le réel.
Notre nature véritable.
L’éléphant au milieu de la pièce.
Cet « ici et partout ».
Ce « maintenant éternel ».
Ce… sans mot, qui met fin à toute guerre, car il n’y a plus deux.
L’Un.
Peut-on faire la guerre avec Soi-M’aime ?

IL N’Y A QUE LA PAIX

Mon mari a une amie au Liban, avec qui il échange régulièrement.
Partages précieux d’âme à âme, au milieu des bombes qui là-bas tombent vraiment, et ça remet immédiatement en perspective l’hystérie collective actuelle autour de la menace du grand méchant loup russe, qui demain va nous manger tout cru, sûr de sûr.
Elle témoigne, et ça n’est pas de la triche, de la paix toujours possible, maintenant, quoi qu’il se passe dans ce qui apparaît comme un « au dehors », tant que l’ego n’a pas rendu complètement les armes.
Et cette femme prie pour tou.te.s, pour les deux camps qui continuent à ne pas voir qu’ils sont une même chair, un même sang, une même énergie de vie.

Ce témoignage précieux me rappelle que tout de suite, où que je me trouve, peu importe les circonstances, si je regarde au fond de moi, je ressens…
Une douce tranquillité, la grande Paix du cœur.
Une immobilité puissante, la Sécurité absolue.
Une acceptation inconditionnelle, l’Amour qui balaye tout.
Une félicité invraisemblable, la Joie d’Être.
Un silence assourdissant, le Ressourcement véritable.

Il n’y a que maintenant.
Hier ? Une pensée.
Demain ? Une pensée.
Laisse passer les pensées, dit le maître spirituel.
N’importe lequel, de n’importe quelle tradition.
Tous les chemins mènent à Rome.
Tous les chemins mènent au cœur.
Il n’y a pas de chemin.
Chaque humain.e vit à zéro distance de « Être ».
Être ne peut pas ne pas être.
Deux êtres différents, en vérité, cela n’existe pas.

Et la guerre alors…
On la fait, ou pas ?
On joue à ça, ou pas ?
Tout dépend, in fine, du pays dans lequel on vit.

Au pays de la conscience contenue dans nos cerveaux, l’ego est roi, TU es une menace pour MOI, c’est toi ou c’est moi, alors gare à toi !
Une brochure informative permettant aux français de se constituer un kit de survie, en cas de catastrophe non couverte par les assurances en tous genres, va leur être envoyée.
Planqués on ne sait trop où, avec notre couteau suisse, notre bouteille d’eau et un jeu de cartes pour tuer le temps, nous voilà convié.e.s à nous en remettre à nos dirigeants, pour qu’après s’être copieusement écharpés en nous embarquant dans leur folie meurtrière, ils finissent par fumer le calumet de la paix.

Au pays de La Conscience qui contient tout le monde, qui est le monde et par delà le monde, toi et moi on se prend la main et peu importe demain !
La brochure informative ne nous est de fait d’aucune utilité, simplement parce qu’il n’est plus question de survivre, cela n’a aucun sens. Nous sommes La Vie intuable, il ne peut donc rien nous arriver.
Planqués on ne sait où, avec le même couteau suisse, la même bouteille d’eau et le même jeu de cartes, nous voilà convié.e.s à nous en remettre à La Vie que nous sommes, à goûter le Silence toujours présent quels que puissent être les bruits du monde, et à fumer tranquillement le calumet de La Paix inévitable.

Quand je recevrai ma brochure informative, je la renverrai à l’expéditeur, avec sur l’enveloppe plein de petits cœurs.
Car il faut sacrément avoir peur, pour embarquer tout un pays sur les routes de la terreur…
A vous qui m’avez lue jusqu’ici, j’ai juste envie de vous partager, qu’il n’y a vraiment rien à craindre.
Je suis revenue de l’enfer glacé de l’inceste, pour vous annoncer une bonne nouvelle…
Au bout de la violence, j’ai rencontré la douceur.
Au bout de la folie, j’ai découvert la sagesse.
Au bout du mensonge, j’ai goûté la vérité.
Au bout de la terreur, j’ai atterri dans la sécurité.
Au bout de la trahison, j’ai glissé dans la confiance.
Au bout de l’emprise, je me suis retrouvé libre.
Au bout de la guerre, je me suis rappelé que Je suis La Paix.

Qui que nous soyons, nous pouvons le réaliser.
Toutes et tous, nous y sommes convié.e.s.
Dans le grand jeu divin, chacun.e finira par le conscientiser.
Maintenant, il n’y a que Ce qui est.
La première paix mondiale est déjà, toujours là.

Mireille